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Le réacteur Astrid, un Superphenix dans le Gard : nouvelle fuite en avant des nucléocrates !

14 avril 2014

phenix feu atomique copierPour celles et ceux qui seraient intéressé-e-s à apprendre de la voix même des apprentis sorciers l’invraisemblable fuite en avant que constitue le projet Astrid (Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial Demonstration), dont la mise en service est prévue au début des années 2020 à Marcoule dans le Gard, nous vous recommandons de visionner les videos filmées par le  Collectif Antinucléaire 13 durant une conférence organisée par la SFEN (Société Française de l’Energie Nucléaire) à Aix-en-Provence le 22 novembre 2012.

La première est une présentation de Pierre Le Coz, responsable du projet Astrid. Si la présentation est en elle-même effarante, certains extraits nous ont plus particulièrement inspirés.

Nous vous proposons un essai de décryptage du discours  au fil des minutes  (en italique la présentation de Monsieur Le Coz) :

1’21 « le projet Astrid a été lancé par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion des déchets radioactifs à long terme… loi qui a pris la relève de la loi Bataille de 1991 qui demandait 15 ans de recherche et développement »

1’50 « la loi de 2006 impose qu’on doive mettre en service un prototype industriel… capable de prouver la transmutation des déchets radioactifs à long terme …. c’est à dire l’élimination de ces déchets en réacteur nucléaire »

En tant que chef de projet dans le nucléaire et à un tel niveau, Monsieur le Coz devrait savoir que des déchets nucléaires, ça ne « s’élimine » pas. Ca se transforme, ça se stocke, mais ça ne s’élimine pas…

2’17 « l’Etat a confié au CEA le rôle de maître d’ouvrage selon la loi du 28 juin 2006, avec le financement du projet majoritairement assuré par l’emprunt national »

Soit 650 Millions d’euros attribués sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

2’29 « De nombreux pays travaillent sur la nouvelle génération de réacteurs, celle des années 2030-2040, qui produira moins de déchets et exploitera mieux les matières fissiles. J’ai décidé de maintenir la conception au sein du CEA d’un prototype de réacteur de 4è génération »

Déclaration de Jacques Chirac en janvier 2006 qui n’a pas tout compris de la 4ème génération…

8’36 « en terme de sûreté, on veut se caler au meilleur niveau disponible… »

Le meilleur niveau de sûreté disponible, ce serait donc Fukushima ? De toutes façons, nous, nous savons que la soi-disant« sûreté nucléaire » n’a d’autre but que de récupérer du fric pour plus de R&D (recherche et développement pour les «chercheurs »). Normal ils ne savent pas ce qu’ils font.

9’17 «Intégrer l »expérience de Fukushima …ce qui signifie qu’il faudra faire des progrès significatifs sur les points faibles des réacteurs à sodium, en particulier l’affinité [???]du sodium avec l’oxygène…. »

En fait le sodium mis en contact avec de l’oxygène provoque un feu de sodium : bien belle « affinité » !

10’17 « on sait que dans un réacteur à sodium, l’inspection en service, ce n’est pas facile »

En effet le sodium liquide est opaque et ne permet pas de visualiser les fuites, les fissures dans les circuits. Plus bas dans sa présentation Monsieur Le Coz nous expliquera que pour le moment ils n’ont pas de solutions, mais qu’ils continuent à chercher.

12’31 « les accidents grave, maintenant on les considère de plus en plus dans le design… on ne peut plus les éliminer … de toutes façons il faut prendre en compte un accident grave de fusion du cœur dans le design. C’est un postulat : le cœur se met à fondre il faut se débrouiller avec…. »

« ….Donc on a un certain nombre d’installations, de logiciels, d’installations expérimentales qui sont en cours de développement pour pouvoir traiter les accidents graves et montrer qu’on sait les gérer avec…. l’objectif qui est que, quoiqu’il se passe dans la centrale, il n’y ait aucune contre-mesure à prendre pour les populations à l’extérieur du site, ni confinement des populations, ni encore moins évacuation de ces populations… »

Si les logiciels et installations expérimentales ne sont pas encore au point pour traiter les accidents graves, alors nous serions en droit de nous demander combien de fric il va falloir encore (ASTRID n’étant qu’un nouveau Superphenix) pour qu’ils le deviennent. Mais nous, nous savons qu’un accident nucléaire grave n’est pas gérable quelque soit le fric injecté.

13’40 « Tout doit rester à l’intérieur de la clôture du site sans conséquences sur les populations »

Bon, ça risque quand même vraiment d’exploser mais ça va rester à l’intérieur de la clôture !… sur un réacteur de 650 Mégawatt avec comme carburant du plutonium, ils y croient vraiment ?

17’24 Rapport avec l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) :« Il existe un référentiel de sûreté à recréer. Ce saut en matière de sûreté qu’on attend des réacteurs à neutrons rapides… 

.Il n’y a pas eu d’analyse de sûreté de ce type de réacteurs par l’IRSN ou l’ASN, donc il y a de leur côté une compétence à recréer… »

En clair : ceux qui sont censés nous protéger n’ont aucune idée de ce qu’il faut faire pour assurer la sûreté des réacteurs à neutrons rapides… En fait, il n’y a pas de « saut » en matière technologique (par rapport aux surgénérateurs Phenix ou Superphenix) ni en matière de sûreté (sauf des cendriers pour recueillir le corium en cas de fusion du cœur et bien sûr une interdiction de chute d’avion …)

20’43 « Notre site de référence… notre hypothèse de référence c’est Marcoule, mais rien n’est décidé, puisque de toutes façons les règles démocratiques doivent s’appliquer avant de décider du choix d’un site »

Ca on saura s’en souvenir !

26’30 Circuit intermédiaire en sodium : « on s’est posé la question du fluide dans le circuit intermédiaire. Par quoi pourrait-on remplacer ce sodium … Ben, franchement, on n’a pas pu vraiment trouvé.. on regarde un certain nombre de fluides, ben il n’y en a aucun qui répond vraiment au cahier des charges, donc on est resté sur les circuits secondaires en sodium, même si le risque de réaction sodium-eau demeure »

En fait la réaction sodium eau c’est bien une explosion (voir 40’59) et c’est bien l’ingénieur en charge du projet qui parle. Rassurant, non ?

35’07 Retour sur la « gestion de l’accident grave  : « …. avec des pertes de sources froides non protégées… ce qui est typiquement ce qui s’est passé à Fukushima… bon, avec ce type de cœur on a des températures …. qui permettraient de gérer l’accident pendant plusieurs jours, même plusieurs dizaines de jours. On a commencé à regarder la tenue des aciers à ces températures-là et on n’a pas de dégradation majeure avant 15-20 jours… »

« … tout ça à confirmer par une R&D conséquente.

C’est absolument terrifiant. Monsieur Le Coz nous explique en fait qu’ils ne savent pas faire. La R&D conséquente signifie des crédit de recherche conséquents qui ne serviront à rien.

36’54 Pourtant, il persiste … le saut dans la sûreté c’est : « Un récupérateur de corium [qui] doit permettre de contribuer au maintien des fonctions de sûreté »

38’28 « il y a trois options à ce jour pour le récupérateur de corium », toutes les plus inquiétantes les unes que les autres, la conclusion étant bien entendu qu’il faut un « programme de R&D important pour valider les concepts »

40’59 « Un des enjeux est de réduire les conséquences de la réaction sodium-eau … » qualifiée de « réaction chimique violente et exothermique » (une explosion quoi!). On nous explique ainsi que « les enjeux forts c’est de réduire la réaction sodium-eau ».

Et suivent les méthodes pour tenter de l’éviter. Mais nous on comprend bien qu’il n’y en a pas à ce jour puisqu’il nous est expliqué que leur faisabilité reste à démontrer.

50’54 Présentation : « Les objectifs de la surveillance en continu »

Notre conseil : s’arrêter sur ce powerpoint, le lire attentivement et admirer la totale vacuité des propos. Remarquer que plus le propos se complique et moins on a l’impression que le chef de projet soit convaincu par sa démonstration…

55’10 Selon la présentation « pour les réacteurs précédents la prévention était assurée par les marges de dimensionnement et la qualité de la réalisation », mais apparemment ce n’était donc pas suffisant (aurions-nous frôlé le désastre?) car « …il faut désormais rendre plus inspectables les composants et structures importantes pour la sûreté » (voir 10’17)

1.00′ Un objectif «  être capable de remplacer ou repérer tout matériel défaillant ».

La moindre des choses pour un réacteur nucléaire? Et bien non, car à écouter ce qui suit, il n’est pas clair qu’ils sachent le faire.

1.02′ La cerise sur le gâteau ou auto-flagellation des experts en projets nucléaires improbables ? Est présentée une citation de 1953 expliquant la différence entre un projet de réacteur « sur le papier » et un projet de réacteur « en vrai ». Au vu du 2ème paragraphe, un arrêt immédiat du projet ASTRID s’impose : nous on a rien inventé, c’est eux qui le disent !

La deuxième vidéo est un véritable exercice de langue de bois de la part de Monsieur Gauché, responsable du programme de la génération IV au CEA, devant les questions posées par un membre du Collectif Antinucléaire 13 sur la réaction sodium-eau d’une part, et d’autre part sur la façon dont ils compteraient refroidir le coeur en fusion ou en explosion du réacteur Astrid, sachant qu’ils ne peuvent utiliser de l’eau : CQFD.

Les deux questions sont bien entendu restées sans réponse…..

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